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Magazine lifestyle et événements à Marseille : Entrepreneuriat au féminin : présentation du duo provençal Séverine Grégoire et Chloé Ramade

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Entrepreneuriat au féminin : présentation du duo provençal Séverine Grégoire et Chloé Ramade

17/07/2017

Après la sortie de Wonder Woman au cinéma, il nous a pris l’envie de vous conter les aventures de femmes comme les autres qui accomplissent des choses hors du commun. Trop peu représentée dans le milieu de l’entreprenariat, la gente féminine n’a pas dit son dernier mot. De plus en plus de femmes s’aventurent discrètement mais sûrement dans la jungle des start-ups, à l'abri des médias. On a pensé qu’il était de notre devoir de mettre en valeur ces wonder women déterminées, celles qui “osent”.

 

Les femmes à l’honneur cette semaine ne sont autres que Séverine Grégoire et Chloé Ramade, deux serial-entrepreneures provençales. Leur passion pour le milieu des start-up a commencé avec la fondation de Monshowroom.com, et leur palmarès s’est étoffé avec la récente création de Mesdocteurs.com.

 

Une petite présentation de leur parcours s’impose.

 

 

Le parcours des fondatrices de Monshowroom.com et Mesdocteurs.com

 

Séverine Grégoire occupait un poste à la communication de l'Institut de la mode Méditerranée et Chloé Ramade préparait une thèse en webmarketing lorsque l'idée de monter un site marchand leur est venue en 2006. Il y a une dizaine d’années, les sites d’e-commerce étaient en pleine expansion. Côté mode, seules les ventes privées et les anciennes collections vendues à prix discount existaient sur le web français. Les deux acolytes ont alors décidé de se positionner sur un marché encore inexploré sur le web : la vente en ligne de collections actuelles des marques de prêt-à-porter féminin.

 

Surprenant ? Pas tant que ça. Si le déstockage envahissait le commerce en ligne français, au Royaume Uni on s’arrachait les nouvelles collections. Le crédo n’était donc pas de commercialiser des vêtements à petits prix, mais de rendre accessible la mode aux provinciaux, habitants de contrées si éloignées de tout magasin un tant soit peu tendance.

 

Après avoir vendu leur voiture, fait le tour des banques et des entreprises de micro-crédit, la société voit le jour et compte 18 bourreaux de travail. Le site connaît un succès immédiat grâce à son concept séduisant et au support des médias féminins. 6 ans plus tard, après moultes ruptures de stock et ventes éffrénées, Monshowroom.com est vendu en 2012 au groupe Casino. Les deux entrepreneures finissent par quitter le navire en 2014.

 

En auraient-elles profité pour prendre des vacances bien méritées ? Que nenni, pas de repos pour les guerrières. Elles fondent Mesdocteurs.com en 2015, une plateforme de télé-conseil où des médecins répondent aux internautes sur des questions de santé. Disponible 7j/7 et 24h/24, le service veut fournir des informations fiables aux internautes.

 

Avec un marché de la santé connectée en pleine expansion et toujours plus d’internautes qui consultent internet avant d’aller voir un spécialiste, le site Mesdocteurs.com a encore de beaux jours devant lui.

Et Doctissimo a du soucis à se faire.

 

 

A quoi ressemble le quotidien dans une entreprise gérée par Séverine Grégoire et Chloé Ramade ? Interview d'anciens employés de Monshowroom.com

 

Afin d’en savoir un peu plus sur ces entrepreneures, la rédac’ est allée fouiner dans le passé de leurs compagnons de bureau et a débusqué deux anciens employés de Monshowroom.com qui ont accepté de se prêter au jeu d’une interview : Pierre Lanterna, qui occupait le poste de développeur web de 2010 à 2012, et Julien Houssard, directeur artistique entre 2009 et 2015.

 

 

Selon vous, quelles ont été les raisons d’un succès aussi rapide ?

 

Pierre : Séverine Grégoire et Chloé Ramade ont su se mettre sur le marché de la vente en ligne qui était en plein essor à cette époque. Le concept axé sur la mode féminine marchait très bien et le site a su être une référence en matière de tendances. Elles étaient également très exigeantes au niveau de la qualité à tout point de vue, même pour les shootings photo.

 

Julien : Elles se sont positionnées au bon moment, le concept de proposer à l’échelle nationale des marques qui n’étaient accessibles que dans les  grandes villes était encore précurseur.
Le recrutement y a joué aussi, elles ont su s’entourer et faire confiance. Avec Sébastien Offant, directeur marketing et Nicolas Orofino, directeur financier, par exemple, e. Ellest ont su mener les missions d’une main de maître.

 

Quels sont vos meilleurs souvenirs au sein de l’entreprise ?

 

Pierre : Il y avait une très bonne ambiance au sein de l’équipe et de l’entreprise en général. Lors d'événements particulièrement importants comme les soldes, nous avions droit à des croissants pour nous motiver. Je n’ai pas vraiment de bons souvenirs en particulier, juste une très bonne impression en général.

 

Julien : Il y en a pleins ! L’ambiance était très familiale, les fondatrices étaient très sensibles à notre bien-être. On se retrouvait fréquemment pour boire un verre en fin de journée. Une bonne cohésion d’équipe et une ambiance jeune et dynamique ont maintenu l’esprit “start up” et l’envie de challenge... on pouvait même apercevoir le directeur marketing traverser les open space en skate.

Pour ma part, la direction artistique des shootings photos mode fait partie de mes meilleurs souvenirs professionnels : échanger, partager sa sensibilité artistique avec des photographes de renommés, des professionnels de la mode...

 

 

Et les pires ? Ou le challenge le plus difficile que vous avez dû relever ?

 

Pierre : Un 24 décembre, on a eu un problème de prix ou d’affichage, quelque chose comme ça, avec des vestes d'hiver. Il fallait tout réparer, nous sommes rentrés tard alors c’est vrai que j’ai passé un Noël particulier.

Après je n’ai pas vraiment connu de gros coups durs dans l’entreprise. Les difficultés ont en quelque sorte commencé quand la direction a changé, il y a eu une période de flottement où la transition n’était pas facile.


Julien : Une année, le site est tombé en panne la première heure des soldes. En un an, il  y a deux jours où un site de prêt-à-porter réalise son plus gros chiffre d’affaires, et c’est pendant les soldes. Imaginez des milliers d’euros perdus chaque minute ! Panique à bord !

 

J’ai cru comprendre qu’il y avait une bonne ambiance. Comment ont-elles réussi à créer une atmosphère de travail agréable ?



Pierre : Elles connaissaient les prénoms de tout le monde et nous demandaient comment ça allait etc. Ce sont de petites choses mais c’était agréable de voir que nous étions pris en considération, qui que l’on soit.

Ensuite, le recrutement y était pour beaucoup. Les chefs d’équipe étaient très bons et j’avais l’impression qu’ils recrutaient surtout au feeling. Par exemple lors de mon entretien, je me souviens avoir raté la partie technique mais j’ai quand même été pris parce que le feeling passait bien entre nous. Du coup, tout le monde s’entendait plus ou moins bien.

Au niveau du travail, j’ai beaucoup apprécié le fait que nous soyions libre, qu’on nous fasse confiance. Tant que le job était fait et que nous respections les deadlines, tout se déroulait pour le mieux.


Julien : Le dynamisme des collaborateurs, les challenges et objectifs, la croissance fulgurante du CA, la culture du challenge et de l’effort… tous ces facteurs stimulants et propices à la réussite ont su maintenir l’équipe impliquée, soudée, groupée et ce dans une ambiance décontractée ! C’est ce qu’elles ont réussi à faire perdurer toutes ces années aux commandes de monshowrrom.com

 

Quels sont les avantages et les inconvénients de travailler dans une jeune entreprise en plein essor ?

 

Pierre : J’ai beaucoup apprécié le fait de pouvoir proposer des idées. Elles pouvaient être refusées bien sûr mais comme chaque personne était importante, on nous écoutait. La taille moyenne de l’entreprise permettait à chacun de pouvoir s'exprimer et surtout de réduire le temps des process.

Le désavantage, c’est que justement ça allait si vite pour prendre une décision qu’on pouvait se tromper. Il fallait alors rectifier rapidement.

 

Julien : Travailler à Monshowroom.com a été un réel tremplin dans ma carrière professionnelle. Une expérience hors du commun et inoubliable ! J’ai adoré découvrir l’esprit start-up, participer à une success story comme celle-là et puis, c’est très valorisant d’y avoir contribué.

Un CV béton pour intégrer une entreprise d’envergure telle que Jalis.

 

Vous avez une idée des qualités des deux femmes qui leur ont permis de réussir dans le monde de l'entreprenariat ?

 

Pierre : Je ne les connaissais pas personnellement mais on peut dire que le duo marchait plutôt bien, leurs missions et leur caractère se complétaient. Chloé se déplaçait souvent pour acheter des produits et Séverine c’était plutôt l'administration, celle que l’on voyait tous les jours et qui savait nous mettre la pression quand il le fallait.

 

Julien : Séverine est une vraie entrepreneure. Elle possède la soif des résultats, le goût du challenge ; c’est une personne exigeante et très compétente dans divers domaines. Cette force de caractère et son investissement personnel l’ont conduit à cette réussite  .

Chloé c’est plutôt l’artiste, la créative. Elle s’occupait des achats et était à l’origine des collections présentes sur le site. Elle ne se trompait jamais.
Ce duo ultra complémentaire marchait à la perfection.

 

Dernière question et pas des moindre, est-ce que le fait d’être une femme aurait pu leur mettre des bâtons dans les roues ?

 

Pierre : C’est même sûr. Je pense que ça n’a pas été facile mais comme Séverine avait un caractère très fort ça n’a pas dû poser de problème.

 

Julien : Connaissant leur force de caractère réciproque, aucune inquiétude pour ces deux drôles de dames ; la preuve par le résultat ;).

 

 

 

Que faut il retenir ?

Ce qui a vraiment fait la différence pour ces deux sérial-entrepreneures, c’est leur capacité à s’entourer, de pouvoir s’adapter à de nouveaux marchés et de savoir proposer un service qui répond à des besoins spécifiques au bon moment. Que l’on soit un homme ou une femme, monter son entreprise et convaincre les investisseurs et les futurs clients que notre idée est la bonne n’est pas chose facile. Ce qui permettra de vous démarquer, c’est la volonté et la persévérance.

Per-sé-vé-rez on vous dit !

 

 

 

Article rédigé par Marion Vannelli.

 

 

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