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Comment fonctionne la saisie semi-automatique sur Google ?

Retour sur cette fonctionnalité Google devenue indispensable

24/05/2018

Retour sur une fonctionnalité connue et reconnue du célèbre moteur de recherche qui s’est étendue à l’ensemble du web.

 

C’est une fonctionnalité devenue tellement banale que nous n’y faisons presque plus attention. Que ce soit sur les moteurs de recherche, les réseaux sociaux ou les navigateurs, des suggestions apparaissent lorsque nous tapons nos requêtes. C’est ce qu’on appelle la saisie semi-automatique ou autocomplete. Il est aujourd’hui difficile de s’en passer car elle représente un gain de temps appréciable dans nos vies connectées, notamment sur mobile où la saisie est plus difficile sur un écran. Ainsi, Google a mesuré qu’en moyenne l’autocomplete réduit le temps de saisie de 25 %. Au total, il permet de gagner… 200 ans de temps de frappe par jour !

 

 

Une brève histoire de la saisie semi-automatique sur Google

 

Une performance quand on sait que Google n’a pas toujours été pourvu de cette fonctionnalité. En effet, il faut attendre décembre 2004 pour que le moteur de recherche l’introduise sur la base d’une idée d’un ingénieur maison du nom de Kevin Gibbs. Celui-ci travaillait sur un outil de suggestion d’URL dans le cadre d’un programme de la société demandant à ses employés de passer 20 % de leur temps de travail à développer leurs projets personnels. Suite à la proposition d’un collègue, Gibbs a adapté son outil au moteur de recherche.

 

Depuis, la fonctionnalité a fait du chemin. Elle est entrée dans la recherche par défaut en 2008. Elle a intégré nombre de produits Google, que ce soit l’application pour iOS et Android, la boîte de recherche rapide dans Android et la bar d’adresse « Omnibox » dans Chrome. Dorénavant, il ne faut plus parler de « suggestions » mais de « prédictions » au sujet des propositions de recherche de la saisie semi-automatique. Un changement de terminologie qui en dit long sur l’évolution du moteur de recherche vers le moteur de solution. Il ne s’agit pas de suggérer de nouveaux types de recherche mais de coller le plus possible à l’intention de l’internaute. D’ailleurs, les réponses tendent de plus en plus à être intégrées dans les prédictions. Par exemple, lorsque vous cherchez la météo dans une localité sur mobile ou sur Chrome version Desktop, le résultat s’affiche directement sans avoir à valider la requête.

 

 

Psyché collective contre modération 

 

Autre changement : pendant longtemps, l’autocomplète était une manière d’entrer en contact avec la psyché collective. Les propositions étant en partie le résultat des requêtes les plus populaires, il était facile de connaître les recherches tendances par ce biais. Le résultat pouvait paraître surprenant, que ce soit en bien ou en mal, tant les internautes ont tendance à se confier sur Google.

 

C’est toujours le cas mais le principe connaît aujourd’hui de nombreuses exceptions, au point que ce qui s’affiche dans l’autocomplète ne correspond plus forcément aux recherches populaires répertoriées dans Google Trends. En l’occurrence, Google supprime toute prédiction qui va à l’encontre de ses règles de modération. C’est le cas du contenu sexuellement explicite qui n’aurait aucun rapport avec la médecine, la science ou l’éducation. Il en est de même pour les prédictions relatives à des discours de haine contre des groupes ou des individus sur la base de la race, de la religion ou d’autres critères démographiques. Idem pour la violence et les activités dangereuses et nuisibles.

 

L’idée est que la saisie semi-automatique ne doit pas choquer les utilisateurs avec des prédictions inattendues ou non consenties. Il y a aussi un enjeu politique et éducatif : par ses prédictions, la saisie semi-automatique de Google peut façonner une représentation biaisée de la réalité en associant certains groupes de personnes à des traits discriminants et fallacieux. Ainsi, il n’était pas rare jusqu’à il y a peu de tomber sur des prédictions xénophobes et sexistes en tapant des requêtes sur les juifs, les musulmans et les femmes. Pire : lorsque la requête est validée, l’internaute tombe directement sur des résultats qui valident cette représentation. Nous sommes loin du slogan de Google qui intimait de « ne pas faire le mal » avant de déclamer : « faites ce qui est juste » !

 

Pour respecter cet état d’esprit, rien de tel que de laisser aux individus le pouvoir de rapporter eux-mêmes des prédictions inappropriées. Le lien pour le faire apparaît en bas de la barre de recherche sur PC. Sur les smartphones Android, il faut presser longuement sur la prédiction pour accéder à l’option. Sur iOS, il faut faire glisser son pouce vers la gauche.

 

Pour autant, la modération est loin d’être une science exacte surtout lorsqu’il s’agit de traiter des milliards de recherches par jour. Tout d’abord, des prédictions inappropriées peuvent apparaître. Elles ne sont pas nécessairement le fruit d’opinions malveillantes qui seraient partagées par un grand nombre d’internautes mais le résultat d’un contexte spécifique qui n’a rien de problématique.

 

En outre, il existe des exceptions aux exceptions. Comme c’est souvent le cas sur le web, la notion d’intérêt public peut prévaloir sur le caractère inapproprié de la prédiction. C’est comme cela que Twitter justice l’absence de censure à l’encontre de certains tweets outranciers du Président des États-Unis Donald Trump. Il en est de même lorsqu’une source est mentionnée. C’est notamment le cas quand on recherche des paroles de chanson à caractère sensible.

 

Dernière chose : les prédictions prennent aussi en compte les anciennes recherches de l’internaute et du mobinaute. Il est possible de les supprimer une par une ou complètement en allant sur la page « Mon activité » de son compte Google.

 

 

 

 

Article de Thierry Randretsa

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