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Comment va Internet ?

Les bons et mauvais côtés de la toile

13/04/2018

Mozilla publie la deuxième édition de son Bulletin de santé d’Internet. Objectif : raconter « une histoire collaborative sur ce qui est sain et ne l’est pas au sujet d’Internet, d’un point de vue humain ». Décryptage.

Élaboré en collaboration avec des chercheurs, des activistes des droits numériques, des bénéficiaires d’une bourse de Mozilla et des membres de leur communauté, le rapport dresse un diagnostic d’Internet en montrant notamment comment les problèmes « sont liés les uns aux autres ».

 

À ce titre, le rapport est un bon condensé des débats qui ont été au cœur de l’actualité ces derniers temps comme la sécurisation de l’Internet des objets, la désinformation en ligne, le monopole des GAFA et, bien sûr, la protection des données personnelles plus que jamais sous le feu des projecteurs avec l’affaire Cambridge Analytica.

 

 

 

Un tableau sombre...

 

 

À ce sujet, le problème dépasse le seul cas de Facebook comme le démontre l’initiative Ranking Digital Rights citée dans l’étude. L’opacité est toujours la règle pour les principales sociétés Internet et les fournisseurs d’accès, si bien que « personne n’en sait assez sur la façon dont nos données sont collectées, partagées, conservées et peut-être réutilisées ». En terme de sécurité, la responsabilité incombe aussi à l’internaute encore loin d’être rompu aux pratiques d’hygiène numérique comme le recours à des mots de passe complexes. Dans un autre genre, les internautes doivent être éduqués pour utiliser Internet de façon intelligente, à la fois critiques des contenus consultés et capables de se déconnecter de plateformes faites pour capter notre attention en permanence. Une nécessité alors que Moment (une application iOS qui aide utilisatrices et utilisateurs à réduire le temps passé sur les applications) a montré que le bonheur procuré par ces outils se limitait à quelques minutes.

 

L’État n’est pas en reste : 2017 a été l’année de « l’explosion des coupures d’Internet » avec pas moins de 104 blocages dans 20 pays, dont certaines ont duré plusieurs mois ! Étant donné le nombre croissant de services connectés (dont certains vitaux) à Internet, « ces blocages sont malsains » d’autant plus que, dans nombre de cas, leur légitimité est sujette à caution. Autre point noir des États : l’utilisation exponentielle de la censure qui fait que la liberté en ligne régresse depuis sept ans. Deux tiers des internautes vivent dans des pays où la censure dans cet espace est la norme. Quand ils ne viennent pas restreindre l’exercice des libertés sur internet, les États rechignent à opérer le partage des données ouvertes.

 

 

 

...parsemé de quelques (timides) éclaircies

 

 

Pour autant, le bilan de santé d’Internet est loin d’être entièrement négatif. Ainsi, il est devenu en partie plus sûr avec la démocratisation du protocole HTTPS permettant le chiffrement des sites web. Près de 70 % du trafic Firefox concerne des pages obéissant à ce protocole, contre 50 % début 2017. 81 des 100 principaux sites web l’utilisent aujourd’hui par défaut. Si la fracture numérique augmente au détriment des populations les plus fragiles et marginalisées dans le monde, le rapport salue les progrès récents dans la lutte contre le harcèlement en ligne et les tendances vers la création de communautés en ligne plus inclusives. Si l’accès à internet progresse globalement avec notamment une réduction des coûts (à encourager), il reste inégalitaire. Le taux est de 80 % pour la population d’Europe ; il est de 20 % pour celle d’Afrique. De même, la parité est loin d’être respectée puisque les hommes sont plus nombreux que les femmes en ligne, exception faite du continent américain. Cette discrimination touche aussi les entreprises du numérique qui manquent globalement de diversité ce qui a pour effet la conception de produits et de services qui reflètent leurs biais sexistes ou culturels.

 

Un dernier mot sur la domination de l’écosystème par une poignée de grands acteurs (les fameux GAFA, le chinois Tencent…). En plus d’être en position dominante dans leur secteur respectif avec les abus qui en découlent, ils exercent un « pouvoir énorme sur les marchés, notre expérience du web ouvert (ou de son manque d’ouverture), le discours public mondial, la liberté d’expression et notre vie personnelle ». Dès lors, « la façon dont nous leur demandons de rendre des comptes, et la disponibilité des informations nécessaires pour le faire, représente un élément crucial pour la santé d’Internet ».

 

 

 

Article de Thierry Randretsa

 

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