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La Switch, un an et pas encore toutes ses dents

Nintendo Switch : le bilan

06/03/2018

Concept novateur, ventes records, catalogue fourni… Retour sur le bilan de la première année de la console Nintendo Switch.

C’est officiel : la console Nintendo Switch vient de dépasser la barre du million d’unités vendues en France. Un beau cadeau pour celle qui vient tout juste de fêter son premier anniversaire. Mais il n’est pas le seul. Avec près de 15 millions de ventes dans le monde au 31 décembre 2017, la Switch connaît un succès phénoménal. Mieux, elle affole les compteurs. Les ventes records de la Wii sur le même laps de temps sont déjà dépassées aux États-Unis, en France et en Allemagne. Au Japon, elle fait même mieux que la Playstation 2. Le best seller de Sony écoulé à plus de 157 millions d’exemplaires dans le monde peut-il commencer à trembler ? Il est encore trop tôt pour se prononcer. Il n’en reste pas moins que la Switch part sur des bases exceptionnelles au point que le patron de Nintendo Tatsumi Kimishima espère vendre pas moins de 20 millions de consoles pour l’exercice fiscal 2018/2019. Un chiffre qui dépasse largement les attentes initiales du constructeur.

 


Nintendo revient de loin


Cette ambition peut étonner quand on se souvient de la situation de Nintendo il y a quelques années. La Switch est le successeur de la Wii U qui fût un échec commercial. La faute en partie à un concept obscur ou en tout cas mal expliqué, d’aucun croyant que la mablette (la fameuse manette dotée d’un écran) était une console à part entière. Si le concept de gameplay asymétrique permis par la présence de deux écrans (celui de la télévision et celui de la mablette) était novateur, il ne fût jamais vraiment exploité à sa juste valeur. Comme souvent avec les derniers hardwares de Nintendo, la Wii U était boudée par les éditeurs tiers échaudés par un parc trop faible. De plus, elle souffrait de capacités techniques limitées par rapport à la concurrence. Les développeurs n’étaient donc pas enclins à faire l’effort pour adapter les succès de la Xbox 360 et de la Playstation 3 sur la Wii U. Le prestige et la qualité des titres Nintendo comme Mario Kart 8 ou New Super Mario Bros U ne suffisaient pas à compenser une ludothèque bien mince.

Les attentes autour de celle que l’on désignait à l’origine par le sobriquet de Nintendo NX étaient alors immenses. Comment Nintendo allait tourner la page sombre de la Wii U ? La firme de Kyoto allait-elle (enfin, serait-on tenté de dire) rejoindre la course technologique que se livrent Sony et Microsoft depuis plus d’une décennie ? Ou continuerait-elle à faire valoir sa différence ? Si oui, comment ?

 


Nomade et sédentaire


Les spéculations allaient bon train sur la forme et les spécificités techniques de la console, alimentées à coup de fuites, de rumeurs, et d’intox. Nintendo y mettait partiellement un terme avec la diffusion d’un trailer de présentation le 20 octobre 2017. Celle que l’on devait dorénavant appeler la Switch était en fait une console hybride. Cette fois, le concept est clair : la Switch est une portable avec laquelle on joue où on veut. À la maison, on peut l’installer dans un dock pour reprendre sa partie devant la télévision. Pas de doute, Nintendo a appris de ses erreurs.




Au-delà de la communication, la Switch est en phase avec son époque. Jouer la carte du nomade à l’heure où le gaming mobile est en passe de dépasser celui des consoles : il est là le coup de génie de Nintendo. La Switch apporte un souffle de liberté avec son concept de jeu vidéo ubiquitaire que l’on peut résumer par la formule : « jouez où vous voulez, quand vous voulez ». Là où la concurrence mise sur la puissance, la Switch joue la carte de la polyvalence mais aussi de la simplicité avec une interface accessible. Certains lui reprochent d’ailleurs de ne pas proposer les applications lambdas (comme Netflix) que l’on retrouve sur toute tablette digne de ce nom. À quoi bon ? Nintendo a décidé de ne pas s’éparpiller et de concentrer ses efforts, au moins dans un premier temps, sur le jeu.

 


Des jeux pour tous les goûts


Preuve en est sa ludothèque. Dès sa sortie, elle se dote d’un titre de qualité avec Zelda Breath of the Wild, initialement prévu pour la seule Wii U. « De qualité » est un doux euphémisme. Les nouvelles aventures de Link sont unanimement saluées par la critique et la communauté des joueuses et des joueurs. C’est un jeu étalon qui marque l’histoire de son média en révolutionnant notamment le concept de monde ouvert et en proposant de nombreuses interactions avec les éléments du décor. Un signe qui ne trompe pas sur son succès : le jeu produit quantité de vidéos sur Youtube dans lesquelles les gamers font part de leurs découvertes ou de leurs errances dans le monde d’Hyrule. Très vite, Zelda Breath of the wild devient un “ system seller ” : c’est le jeu auquel il faut avoir joué et pour cela, il faut s’équiper d’une Switch.

Mais il n’est pas le seul. Nintendo a prévu un calendrier de folie pour les débuts de son nouveau-né avec la sortie d’un gros titre par mois. Aux côtés des valeurs sûres comme Super Mario Odyssey, Mario Kart 8 Deluxe ou Splatoon 2, figurent des nouvelles licences comme Arms ou des croisements improbables comme Mario + Lapins Crétins : Kingdom Battle. Ce sont pour la plupart des jeux de qualité, voire des chefs-d’œuvre. Le public ne s’y trompe pas : nombre de ces titres figurent dans les classements des ventes de fin d’année.

Ce n’est pas tout. Les éditeurs tiers jouent le jeu et adaptent leurs titres phares comme NBA2K18, FIFA 18 ou encore Skyrim et Doom. Mais c’est surtout dans le domaine des jeux indépendants que la console cartonne. Avec un parc d’usagers qui ne cesse de croître, une architecture Tegra facile d’accès pour les programmeurs et un format tablette adapté, la Switch est devenue le nouvel Eldorado des développeurs indépendants. Résultat : un rythme frénétique de sorties à tel point qu’il est difficile de suivre l’actualité en la matière. Mais le succès est au rendez-vous : pas de Zelda ni de Mario sur le podium du top des téléchargements 2017 mais Minecraft, Stardew Valley et Rocket League.

 


Un avenir immédiat en carton


Face à un tel succès, le risque pour Nintendo serait de baisser la garde. Or, après la tempête de 2017, le calme règne en ce début d’année 2018. Pire : on ne voit pas poindre à l’horizon de titres majeurs. Tel le lièvre, la Switch ne serait-elle pas partie trop rapidement au risque de s’essouffler ? Que nenni ! Après avoir émerveillé les gamers de tout poil, Nintendo joue l’ouverture avec en ligne de mire un public qui lui est cher : la famille. C’est l’objectif poursuivi par Nintendo Labo. Ce projet éducatif et ludique promet d’initier les plus petits au fonctionnement des nouvelles technologies par l’entremise d’accessoires en carton à fabriquer avec l’aide des parents. Ce labo d’un nouveau genre est l’occasion d’exploiter certaines spécificités de la console qui n’ont pas encore été vraiment mises en avant comme la reconnaissance de mouvement des joy-cons ou encore les vibrations en haute définition. Grâce à cet habile mélange de high tech et de low tech, les constructions en carton prennent vie ou peuvent servir de contrôleurs originaux comme une canne à pêche ou une combinaison de robot. De quoi amuser les petits et les grands.





En définitive, le nouveau rebond de la Switch pourrait venir de là où on ne l’attend pas. En effet, elle semble avoir le potentiel d’une machine à tout faire et il n’est pas exclu que des bidouilleurs en tirent des possibilités inédites. Ainsi, un hacker a réussi récemment à installer Linux sur la console, ce qui ouvre peut-être la porte vers une orientation plus multimédia. Dans le même genre d’idée, un adaptateur bluetooth vient d’être commercialisé aux États-Unis. Il permet de connecter d’autres manettes comme les Dualshocks 4 de la Playstation 4.

Last but not least : fin 2017, un consultant en sécurité détectait dans le code de la console de quoi faire fonctionner de la réalité virtuelle. Une nouvelle qui ne faisait que conforter les déclarations de Tatsumi Kimishima, intéressé par cette technologie et ce alors même qu’un internaute a déjà réussi à transformer la Switch en casque VR.

 

 


Article rédigé par Thierry Randretsa

 

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