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Tendances, entrepreneuriat, innovations et actualité digitale : Scandale Cambridge Analytica : l’audition de Zuckerberg au Sénat en cinq points
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Scandale Cambridge Analytica : l’audition de Zuckerberg au Sénat en cinq points

Zuckerberg, passé au crible

12/04/2018

Retour en cinq points sur le témoignage de Mark Zuckerberg devant les sénateurs américains.

La séquence a fait le tour du monde. On peut voir le sénateur démocrate Dick Durbin demander à Mark Zuckerberg dans quel hôtel il a séjourné la nuit dernière. Ce dernier arbore un air pensif avant d’esquisser rapidement un sourire gêné. Après un long moment d’hésitation, il répond dans un froncement de sourcils, visiblement déstabilisé par cette question privée si symbolique : « non ». L’assemblée est hilare.

 

 

 

Cela a été un des rares moments de détente pour le patron de Facebook assailli de questions, parfois attaqué lors de son audience de plus de trois heures devant les sénateurs américains mercredi 10 avril suite à l’affaire Cambridge Analytica. Cette société britannique a collecté les données de 87 millions d’usagers du réseau social pour faire du ciblage publicitaire destiné notamment à influencer le cours des dernières élections présidentielles américaines en faveur de Donald Trump. Connu de longue date, le scandale a pris une autre ampleur depuis les enquêtes récentes du New York Times, du Guardian, de The Observer basées sur les révélations du lanceur d’alerte Christopher Wylie.

 

 

Quelles mesures seront prises contre les applications tierces ayant eu accès à des données de millions d’utilisateurs comme Cambridge Analytica ?

 

Sur ce sujet, Zuckerberg a rappelé que Facebook conduit une enquête sur toutes les applications ayant exploité la fonctionnalité permettant d’accéder à un large panel de données à l’instar de Cambridge Analytica, avant qu’elle ne soit désactivée en 2014. En cas de détection d’activité suspicieuse, des audits seront menés sur la façon dont les données ont été utilisées afin de savoir s’il y a eu mésusage. Dans ce cas, les applications seront interdites de Facebook et les personnes affectées seront averties. Rien de neuf sous le soleil en l’espèce : c’est déjà ce que Zuckerberg annonçait sur son profil fin mars.

 

 

Y aura-t-il une version payante de Facebook ?

 

« Sur internet, lorsque c’est gratuit c’est vous le produit ». Pour autant, faut-il payer pour protéger ses données personnelles ? C’est ce qu’aurait dit Sheryl Sandberg, la numéro deux de l’entreprise dans une émission sur NBC selon le sénateur Bill Nelson. L’idée serait de proposer une version payante de Facebook qui offrirait au détenteur un profil expurgé de publicités. Actuellement, un tel projet n’est pas à l’ordre du jour selon Mark Zuckerberg. Les paramètres de confidentialité disponibles octroient déjà au socionaute un contrôle sur les données qu’il veut laisser à la disposition des annonceurs. Selon les retours du public, celui-ci n’est pas forcément rétif à la publicité, surtout si elle est pertinente. C’est également le modèle d’affaire de Facebook sans lequel l’alternative serait certainement l’abonnement payant.

 

 

Facebook a-t-elle trompée ses utilisateurs ?

 

Mark Zuckerberg a souvent fait acte de contrition devant les sénateurs, reconnaissant ses erreurs, multipliant les messages d’excuses et jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Cela a notamment été le cas lorsque la sénatrice Kamala Harris lui a demandé s’il avait pris la décision de ne pas informer les usagers de la vente de leurs données collectées par le chercheur Aleksander Kogan et sa société Global Science Research à Cambridge Analytica. Enjeu de cette question : savoir si Facebook a trompé ses utilisateurs, ce qui constituerait une violation de la réglementation de la Commission fédérale du commerce passible d’une amende record. Si le jeune CEO n’a pas admis avoir explicitement décidé de cacher cette information aux personnes intéressées, il reconnaît que sa société a commis une erreur.

 

 

Facebook a-t-elle été l’objet d’une ingérence russe pendant la campagne des élections présidentielles américaines de 2016 ?

 

Dans le sillage de l’affaire Cambridge Analytica, Zuckerberg a logiquement été questionné sur le rôle du réseau social dans les dernières élections présidentielles, notamment sur l’ingérence russe. Reconnaissant le fait, il a regretté de ne pas avoir pu faire plus pour arrêter cette incursion. Si Facebook a pu tracer des groupes de hackers russes en temps réel, il a fallu plus de temps pour reconnaître le rôle joué par l’Internet Research Agency, une société privée liée au Kremlin.

 

Déclarant être engagé dans une « course aux armements », Zuckerberg a ajouté que des outils d’intelligence artificielle ont été mis en place depuis pour surveiller toute activité malveillante lors des dernières élections en France, en Italie et dans l’État de l’Alabama.

 

Par ailleurs, Zuckerberg a confirmé que son entreprise travaillait aux côtés du procureur spécial américain Robert S. Mueller III qui enquête sur l’ingérence russe dans les élections de 2016 et ses liens avec la campagne de Donald Trump.

 

 

Facebook est-elle une plateforme politiquement orientée ?

 

Le sénateur Ted Cruz a demandé à Mark Zuckerberg si Facebook était une plateforme neutre. Ce dernier n’a pas répondu directement. Toutefois, il a insisté sur le fait qu’elle était ouverte à toutes les opinions hormis les cas de contenus terroristes, des discours de haine et de la nudité. Un point de vue contesté par « nombre d’Américains » selon Cruz qui a dressé une longue liste de pages et de profils d’obédience conservatrice et soutenant Trump ayant été bloqués. Reconnaissant que les entreprises de la Silicon Valley étaient acquises à la gauche, Zuckerberg a insisté sur son engagement pour que « Facebook soit une plateforme ouverte à toutes les idées ».

 

Répondant à une question posée par le Sénateur John Cornyn, le jeune chef d’entreprise a également affirmé que Facebook était responsable du contenu posté sur la plateforme.

 

 

 

Article de Thierry Randretsa

 

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