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Stop-Cybersexisme : la plateforme de sensibilisation et de lutte contre le sexisme en ligne

Lutter contre le sexisme sur internet

03/11/2017

Le 17 octobre dernier, l’Observatoire régional des violences faites aux femmes (ORVF) du Centre Hubertine Auclert lançait la plateforme Stop-cybersexisme. Son objectif : comme son nom l’indique, prévenir et lutter contre le cybersexisme.

Les chiffres sont significatifs. Une fille sur cinq âgée de 12 à 15 ans fait l’objet d’insultes en ligne en rapport avec son physique contre un sur huit pour les garçons. Une adolescente sur huit est la proie de rumeurs sur son comportement sexuel ou amoureux contre un sur quinze pour les garçons. Une fille sur onze voit une photo ou une vidéo d’elle diffusée sans son consentement ; un sur quinze pour les garçons. Au total, on compte trois filles et deux garçons victimes de cybersexisme par classe. En moyenne, trois à quatre élèves reçoivent des sextos, ces textos, photos ou vidéos à caractère sexuel, sans leur consentement.

 

 

Les adolescentes, principales victimes

 

Ce sont quelques unes des statistiques tirées de l’étude du Centre francilien de ressources pour l’égalité hommes-femmes (dit Hubertine Auclert) sur le cybersexisme chez les adolescent-e-s de 12 à 15 ans. Elle est le fruit d’une enquête menée auprès de douze établissements entre septembre 2015 et juin 2016. Deux conclusions peuvent être tirées de ce rapport. D’une part, les filles sont les principales victimes du cybersexisme. D’autre part, les outils numériques jouent indéniablement un rôle spécifique dans la diffusion du sexisme, même si celui-ci est loin d’avoir disparu hors ligne.

Les deux phénomènes sont corrélés. Ainsi, les filles sont tiraillées entre deux injonctions contradictoires. D’un côté, la vie sociale numérique les pousse à s’afficher et ce d’autant plus que la société attende d’elles un rôle à jouer dans la “cohésion sociale, la disponibilité de soi et le bien-être des autres”. De l’autre côté, elles sont soumises à une norme de respectabilité qui les expose à l’opprobre lorsqu’elles la violent.

Certes, des attentes sociales reposent aussi sur les garçons. Ceux-ci doivent se conformer à certains canons de virilité. Mais le carcan est beaucoup moins lourd à porter que pour les filles. Dans certains cas, les conséquences sur la réputation peuvent même être inversées. Ainsi, un garçon qui multiplie les conquêtes est populaire. Dans la même situation, la fille est considérée comme de peu de vertu. « Sur les réseaux sociaux, les filles doivent se présenter sous leur meilleur jour, sans avoir l’air de chercher le regard des garçons », affirme l’étude. Coincées entre le marteau de l’ « affichage » et l’enclume de la « respectabilité », il leur est difficile de savoir sur quel pieds danser d’autant plus que la vie 2.0 est tout aussi spontanée que sa consœur organique. Or, le moindre faux pas peut coûter cher.

 

 

Sexisme 2.0

 

C’est toute la spécificité du web. Tout se sait. Tout s’enregistre. Les images circulent instantanément. Les ragots et autres cancans ont toujours existé dans les villages. Sauf que ces derniers ne font plus qu’un : il est devenu global selon la célèbre formule de McLuhan. Aux commérages susceptibles de ternir durablement la réputation d’une personne s’ajoutent le harcèlement et le chantage. Il suffit d’une photo intime, même éphémère (merci la capture d’image), pour que le mal soit fait. Si dans notre société hypermnésique, nous pouvons faire ressortir des affaires d’agression sexuelle qui semblaient tombées dans l’oubli, des jeunes en phase de construction doivent aussi porter le fardeau de leurs erreurs passées pendant des mois, voire des années. À cette dimension (in)temporelle s’ajoute celle de la masse induite par la viralité des contenus sur internet. Ce qui relève de l’intime est désormais déballé sur la place publique. Cette technique est utilisée par les garçons pour exercer un chantage sur leur copine.

Face au cyber sexisme, le jeune est souvent condamné au repli sur soi. Il existe une certaine omerta sur ce sujet considéré comme normal alors que l’issu peut aller jusqu’au déménagement, voire au suicide. Les adultes ne sont pas outillés pour repérer et traiter ces phénomènes. Leurs réactions peuvent même empirer les choses lorsqu’ils tendent à culpabiliser les adolescentes (l’injonction de respectabilité toujours).

 

 

Les réponses de Stop-cybersexisme



Pourtant, il existe des solutions comme en témoigne la plateforme Stop-cybersexisme. Celle-ci fait œuvre de pédagogie en expliquant ce qu’est le cybersexisme. L’idée est d’aider les jeunes à identifier ce genre de situation qu’ils peuvent subir sans pour autant s’en rendre compte. Une fois cela fait, vous pouvez vous reporter aux nombreux conseils qui sont prodigués, notamment sur le plan juridique, pour répondre à un acte de cybersexisme. Si vous souhaitez en parler, la plateforme donne le nom et les coordonnées de nombreux organismes prévus à cet effet. Vous trouvez également des lignes de conduite à adopter qui vont dans le sens de la prévention, une foire aux questions, un kit de sensibilisation… La plateforme s’avère extrêmement complète et ne compte pas en rester là.

En plus de s’enrichir de nouvelles ressources, elle proposera à l’avenir des contenus plus interactifs et didactiques à destination des victimes.

 

 

 

Article rédigé par Thierry Randretsa

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