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Twitter : les victimes de harcèlement sexuel témoignent avec le hashtag #balancetonporc

Véritable mouvement de solidarité

18/10/2017

Dans le sillage de l’affaire Harvey Weinstein, de nombreuses femmes victimes de harcèlement sexuel ont répondu à l’appel du hashtag #balancetonporc sur Twitter.

Le sujet est en « TT » (pour « trending topics », soit les mots-dièses les plus tweetés) depuis plusieurs jours. Le hashtag s’appelle #balancetonporc. Il fait suite à l’affaire Weinstein, du nom de ce producteur de cinéma Américain, cofondateur de Miramax et de Weinstein Company, accusé de nombreux cas de harcèlement sexuel dans une enquête du New York Times. Depuis, les langues se délient. Une vingtaine d’actrices et de mannequins ont témoigné publiquement avoir été victimes de l’ancien magnat d’Hollywood qui a été entre temps renvoyé par sa société de production et banni par l’Académie des Oscars. Parmi elles, on trouve Ashley Judd, Rose McGowan, Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Rosanna Arquette, Emma de Caunes… Certaines d’entre elles font état d’accusation d’agression sexuelle et de viol.

 

 

Hashtags viraux

 

Sur Twitter, c’est l’effervescence. L’actrice Alyssa Milano encourage les femmes victimes de ces violences à témoigner en utilisant le hashtag #metoo. Le tweet connaît un succès retentissant avec plus de 21 000 retweets et 42 000 likes à l’heure où ces lignes sont écrites. L’écrivaine Anne T. Donahue lance une initiative similaire, en plus de rapporter son propre témoignage, avec le mot-dièse #MyHarveyWeinstein. Le phénomène touche même les hommes puisqu’un ancien employé du studio de jeu vidéo Naughty Dog déclare avoir été victime d’un des dirigeants de l’entreprise en 2015.

Le phénomène n’est pas circonscrit aux États-Unis. En Italie, #metoo devient #quellavoltache (« la fois où ») sous la plume de l’écrivaine Giulia Blasi. En France, Sandra Muller, journaliste et directrice de La lettre de l’audiovisuel, créé le hashtag #balancetonporc. « Venue comme une blague » selon les termes de son auteure, ce qui n’était qu’une expression « pas classe mais rigolo[te] » sur le mode du « café du commerce » est devenue le cri de ralliement de toutes les victimes de harcèlement. Journalistes, actrices, politiques, militantes féministes ou anonymes font état de comportement longtemps passés sous silence quelque soit le milieu ou le secteur d’activité. Résultat : c’est un raz-de-marée viral. En effet, ce hashtag a généré plus de 60 000 tweets en deux jours. Du jamais vu alors même que le problème du harcèlement n’est pas étranger aux réseaux sociaux. On se rappelle de la page « Dear Cat Callers » sur Instagram par laquelle une victime se prenait en selfie avec ses harceleurs. Toutefois, ces témoignage 2.0 ne font pas totalement l’unanimité y compris parmi celles et ceux qui se réjouissent de la fin de l’omerta. Selon l’avocate Marie Dosé, il y a un risque que Twitter se substitue à la véritable autorité judiciaire, seule capable de conclure à la culpabilité d’une personne et de prononcer une sanction.

 

 

Carthasis et initiatives

 

D’ailleurs quels sont les effets du mot-dièse #balancetonporc ? Tout d’abord, une libération de la parole cathartique qui peut être le préalable difficile au dépôt de plainte. En outre, l’exposition du sujet en place publique a poussé certaines entreprises à prendre les devants. Ainsi, le directeur d’Amazon Studio Roy Price, accusé de harcèlement sexuel par la productrice Isa Hackett, a été « mis en congé avec effet immédiat ». D’autres entreprises n’ont pas attendu l’affaire Weinstein et ses suites pour agir. Les services funéraires de la ville de Paris ont placardé des affiches contre le harcèlement sexuel dans leurs salles de réunion depuis plusieurs années. L'association Arborus et le Club du Label Égalité sont à l’origine d’une application mobile intitulée Respect me ! qui, à l’instar de Seriously contre les discours de haine, vous donne un argumentaire clé en main pour répondre aux propos désobligeants.

Sur le plan politique, un projet de loi « contre les violences sexistes et sexuelles afin d’abaisser le seuil de tolérance de la société » est prévu pour 2018. Il est notamment prévu la pénalisation du harcèlement de rue. Il sera précédé d’une consultation citoyenne pour « mettre la société face à ses responsabilités en demandant à tous ce qui est acceptable ou pas » selon les mots de la Secrétaire d’État de l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa.

En attendant, les témoignages continuent d’affluer sur #balancetonporc.

 

 

 

Article rédigé par Thierry Randretsa

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