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Tendances, entrepreneuriat, innovations et actualité digitale : Une entreprise met la clé sous la porte suite au changement du fil d’actualité de Facebook
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Une entreprise met la clé sous la porte suite au changement du fil d’actualité de Facebook

01/03/2018

C’est fini pour le média américain Little Things qui laisse 50 salariés sur le carreau. La faute à la chute de la portée organique de ses publications sur Facebook survenue avec le changement d’algorithme du fil d’actualité.

Nous étions prévenus. C’était il n’y a pas si longtemps que ça. À l’époque, Facebook testait le fil « explorer » réservée aux pages suivis par les utilisateurs. Un moyen pour le réseau social de nettoyer le fil d’actualité des contenus de marques et de médias afin de privilégier ceux des « amis ». Le résultat de l’expérimentation était sans appel : elle entraînait la chute de la portée organique des pages.

Depuis, Facebook a confirmé sa volonté de mettre en avant les publications des proches en faisant évoluer l’algorithme du fil d’actualité à cette fin. Officiellement, il s’agit de contribuer à votre bien-être en augmentant les « interactions significatives » avec les personnes qui vous sont chères. Officieusement, cela permet de se débarrasser (en théorie) des fakes news qui ont terni la réputation de la plateforme ces deux dernières années.

 

La dépendance à Facebook n’est pas une petite chose


Dans les faits, cette nouvelle politique a fait sa première victime : le média américain Little Things. Une bien triste nouvelle pour une société qui « croyait dans le pouvoir de la positivité ». Sa spécialité était la diffusion de contenus inspirants dans des domaines aussi variés que l’alimentation, la santé, les animaux ou la parentalité pour toutes les femmes quelle que soit leur génération. Au programme : vidéos humoristiques ou émouvantes, trucs et astuces, et bonnes actions soit « le type de contenu que vous voudrez partager avec vos amis et votre famille ».

Seul hic : Little Things était devenue beaucoup trop dépendante de Facebook. Cette stratégie avait fonctionné dans un premier temps permettant à la page de l’entreprise de réunir douze millions d’abonnés. Elle avait pris le virage de la vidéo et notamment la diffusion en direct avec Facebook Live pouvant assurer jusqu’à 75 % du nombre total de vue. En septembre 2017, 130 vidéos de ce format avaient été publiés comptabilisant plus de 160 millions de vues.

 

Comment une chute de la portée organique entraîne la fin d’une entreprise


Parallèlement, elle s’adaptait tant bien que mal aux fluctuations de l’algorithme du fil d’actualité comme lorsqu’elle abandonna les titres « punchy » au profit d’un contenu plus informationnel afin d’échapper à la politique anti clikbait de Facebook à l’été 2016. Mais le dernier changement fût fatal.

En effet, Little Things était dans une position financière délicate depuis quelques mois. Ayant des difficultés à diversifier leurs revenus, elle était en négociation avec des investisseurs censés acheter des parts de l’entreprise. L’opération ne pût aller à son terme. Avec une chute de 75 % de la portée organique des publications, Facebook venait de lui porter le coup de grâce avec son nouveau fil d’actualité centré sur les « amis ».

L’exemple Little Things va-t-il faire jurisprudence ? Il est peut-être encore trop tôt pour se prononcer. Toutefois, il rappelle la nécessité de ne pas reposer sur un seul canal d’acquisition. Un réseau social est aussi une entreprise qui a ses priorités économiques et financières. D’ailleurs, certains médias qui s’étaient jusqu’à présent reposés à 100 % sur Facebook commence à faire machine arrière. C’est le cas de Now This, l’équivalent américain du français Brut, qui a relancé récemment son site internet.

Lorsque Little Things n’était encore que le blog d’un site de commerce en ligne pour animaux domestiques, une de ses contributrices cherchait un moyen pour générer du trafic. Elle s’était alors lancée dans l’écriture d’un article sur le modèle des contenus à succès qu’elle voyait sur son fil d’actualité Facebook. Son texte portait sur les dangers domestiques auxquels peuvent faire face les chats. Il fût couronné de succès au point de mettre le site en panne en raison de la forte affluence qu’il généra.

Quatre ans plus tard, le pouvoir de Facebook a changé de dimension : il ne se contente plus de faire crasher un site. Il peut faire fermer une entreprise.

 

 


Article rédigé par Thierry Randretsa

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