My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances
Tendances, entrepreneuriat, innovations et actualité digitale : Les influenceuses virtuelles font leur show !
RETOUR
Fun - Tendances

Les influenceuses virtuelles font leur show !

01/03/2018

Elles s’appellent Kizuna, Lil Miquela ou encore Ami Yamamoto et sont les nouvelles stars des médias sociaux. Leur particularité ? Elles sont virtuelles.

En avril, la télévision japonaise risque de connaître une petite révolution. En effet, le journal télévisé devrait être présenté par un robot dénommé Erica. C’est ce qu’a annoncé son créateur Hiroshi Ishiguro, directeur de l’Intelligent Robotics Laboratory à Osaka, dans les colonnes du Wall Street Journal.

 


 


Une nouvelle qui ne devrait pas étonner dans un pays où les êtres virtuels se confondent presque avec leurs homologues humains. En quelques années, la chanteuse Hatsune Miku est devenue une star de la J-Pop de renommée internationale. De son côté, Midori Sawamura a passé un test pour présenter la « messe cathodique ».

 


 

 

Les vidéos virales des vtubers


Mais c’est surtout sur le web que ces entités virtuelles ont explosé comme en témoigne l’exemple de Kizuna AI. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : cette « vtubeuse » (« virtual youtuber ») aligne plus d’un million cinq cent mille abonnés sur sa chaîne A.I. Channel. Ses vidéos font des millions de vues. Si la forme est originale, le fond est plus conventionnel. À mi-chemin entre une Enjoy Phoenix et un Squeezie de chair et de sang, Kitzuna partage son temps entre « Let’s Play » de jeux vidéo, test d’appareils dernier cri, récit des tourments de sa vie de jeune adulte… Dans sa vidéo la plus populaire, elle se livre à une séance de fitness plutôt banale. Qu’il se rassure, Tibo InShape arrive encore à faire mieux, pour l’instant.

 


 


Selon la société User Local, spécialisée dans l’analyse du web, plus de 450 youtubeurs virtuels auraient été créés entre fin 2016 et début 2018. Tous japanophones, ce sont pour la plupart des jeunes filles même si on trouve aussi des hommes mais également d’autres « espèces » comme des animaux, des robots ou encore des zombis. Le plus souvent, ils s’adressent à leurs audiences face caméra dans des environnements virtuels. Mais certains s’en émancipent comme Ami Yamato. Dans ses vlogs, on peut la voir marcher dans les rues de Londres (où elle habite), visiter un véritable musée à Tokyo ou encore discuter avec la youtubeuse Nathalie Tran.

 


 


Le mystère des origines


Ce mélange de virtuel et de réel interroge sur la conception de ces personnages. D’ailleurs, s’agit-il vraiment de personnages ou ne sont-ils que des humains s’exprimant par la voix d’un avatar pixelisé ? Cela dépend. En l’occurrence, Ami Yamato est une création originale entièrement conçue à la main. Mais cette méthode demeure rare dans le milieu. La majorité est le produit de la technique de capture de mouvement (« motion capture ») obtenue grâce une caméra et un logiciel comme Miku Miku Dance qui présente l’avantage d’être gratuit (le même qui a servi pour la chanteuse Hatsune Miku). Cette facilité d’accès permet aujourd’hui à tout un chacun de construire son alter ego virtuel sur ordinateur. Il s’agit d’un bon moyen de vlogger tout en gardant son anonymat. C’est dans cet optique que le Youtubeur Pixl streame ses parties de jeux vidéo dissimulé derrière le masque d’un panda conçu à l’aide du logiciel Facerig.

Dès lors, il est difficile de savoir qui se cache derrière ces nouvelles stars du web. Personne physique ? Morale ? Plus que jamais les apparences sont trompeuses. C’est ainsi que les abonnés de Nora Neko ont découvert avec surprise lors d’une diffusion en direct que la très jeune fille était en fait un homme adulte. La faute à un problème technique ayant déréglé la motion capture.

En plus des revenus générés par la monétisation de leurs vidéos, les youtubeurs virtuels peuvent servir d’ambassadeur à une marque sans compter les produits dérivés et autres goodies exploitant leur renommée. Les entreprises ont senti le filon et n’hésitent pas à s’en servir pour promouvoir leurs marques. Une société comme Exys a même conçu un personnage, l’étudiante Yua Fujisaki, comme un produit à part entière.

 

Cultiver le flou


De quoi faire de l’ombre à Kylie Jenner, Selena Gomez ou encore Ariana Grande. Non contentes de produire des vidéos virales, les entités numériques comptent bien se faire une place dans le petit monde des influenceuses people. Créé en 2016, le compte Instagram de la mannequin américano-brésilienne Miquela Sousa (plus connu sous le nom de Lil Miquela) comptabilise aujourd’hui 622 000 abonnés. Sur le papier (ou plutôt à l’écran), rien ne la distingue de ses comparses humaines. Qu’elle soit adossée à une voiture, en studio ou avec des amis, Lil Sousa cultive l’art de la pose dans des vêtements de marque. Pourtant, à y regarder de plus près, un détail cloche : son visage n’est pas réel. Conçu par ordinateur, il tranche avec le reste du corps qui semble celui d’une vraie femme. Parfois, au détour d’un flou ou d’un filtre Insta, la différence entre le réel et le virtuel disparaît. Après tout, est-ce que cela est si important ? Est-elle pour autant moins réelle qu’une people maquillée à outrance et remodelée par la chirurgie esthétique sans parler des retouches numériques ?

Comme ses consoeurs vtubers asiatiques, le mystère plane autour de Lil Miquela. Est-ce une vraie personne ? Une performance artistique ? Un hoax ? Nul ne le sait, ce qui n’empêche pas la fembot (robot humanoïde de genre féminin) de prendre des positions engagées sur des sujets de société (comme le mouvement Black Lives Matter) tout en poursuivant une carrière de chanteuse.

Nul doute que cette ambiguïté séduit à l’heure de la transparence totale et des assauts quotidiens du numérique contre la vie privée. C’est peut-être ce qui a inspiré le personnage de Poppy. Véritable star de Youtube cumulant plus de 260 millions de vues, Poppy est le fruit d’une démarche inverse à celle de ses consœurs gynoïdes. Ici, c’est l’humaine qui imite le virtuel. Grâce à un jeu d’actrice tout en minimalisme et à une voix à mi-chemin entre l’ASMR (pour « Autonomous Sensory Meridian Response », expression qui renvoie à ces vidéos où des personnes chuchotent ou manipulent avec douceur des objets, produisant alors des sons extrêmement agréables) et les assistants Siri ou Cortana, Moriah Pereira, de son vrai nom, sème le trouble dans des contenus courts mais énigmatiques. Dans une de ses vidéos typiques de son style surréaliste, on peut la voir dans une tenue de lolita en train de caresser un vieil écran en disant : « je t’aime ».

 


 


Démonstration par l’absurde de la superficialité de la notoriété numérique ? Toujours est-il que cela n’est pas incompatible avec le fait de l’embrasser pleinement puisque parmi ses multiples activités, Poppy est chanteuse.
Comme Lil Miquela et Hatsune Miku.

 

 


Article rédigé par Thierry Randretsa

A lire aussi

Vous aussi,
Partagez l'actualité de votre entreprise