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News - Réseaux sociaux

Facebook élargit le droit de vote

02/05/2018

Après une phase de test, la possibilité de voter pour ou contre un commentaire s’étend à l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Avant un déploiement mondial ?

Malgré l’avalanche de scandales, Facebook tient bon. Si on croit ses résultats trimestriels, l’entreprise enregistre près de 5 milliards de dollars de profits, soit une hausse de 68 % en un an. En tout, le chiffre d’affaire a doublé pour atteindre les 12 milliards de dollars au cours du premier trimestre par rapport à l’année précédente. Mieux : le réseau social a vu son nombre d’usagers croître pour culminer à 2,2 milliards fin mars. Un succès insolent alors que la société de Menlo Park est critiquée de toute part pour sa gestion des données personnelles dans l’affaire Cambridge Analytica et que les appels à supprimer son compte se sont multipliés via le hashtag #deletefacebook.

 

Après les excuses et les explications, voici venu le temps des initiatives. Dans l’optique d’une mise en conformité avec le Règlement Général de Protection des Données (RGPD), Facebook joue le jeu de la transparence sur l’utilisation des données collectées et utilisées pour faire de la publicité.

 

 

Downvote : ceci n’est pas un dislike

 

En outre, le réseau social va se doter de nouveaux outils pour améliorer la modération des contenus. En l’occurrence, il sera bientôt possible de voter pour ou contre les commentaires des utilisatrices et des utilisateurs grâce à des boutons prévus à cet effet. Après une phase de test aux États-Unis, la fonctionnalité a été déployée en Australie et en Nouvelle-Zélande uniquement sur des pages publiques. Il est probable que d’autres pays soient concernés dans les mois à venir même si Facebook n’a pas communiqué sur ce sujet pour l’instant.

 

Cette nouveauté permet notamment aux socionautes de procéder à un downvote. Objectif : signaler les commentaires jugés « offensants », « trompeurs » ou « hors sujet ». Autant de moyens d’exprimer sa désapprobation, même si les équipes du réseau social insistent sur l’idée qu’il ne s’agit pas du pendant négatif du « like », autrement dit un bouton « dislike ». C’est un moyen de mesurer la qualité d’un message avec plus de précision qu’un engagement du type « réaction ».

 

 

Le vote contre les fake news ?

 

En tout cas, il est difficile de ne pas faire le lien entre cette fonctionnalité et les fakes news qui ont tant terni la réputation du média social. N’ayant pas détecté la déferlante de fausses informations ayant entaché les dernières élections présidentielles américaines et françaises ou encore la campagne pour le Brexit, Facebook confie aux utilisateurs le soin de séparer le bon grain de l’ivraie en la matière, en reprenant un système ayant fait ses preuves sur le site web communautaire Reddit. Nuance : pour l’instant, il n’est pas prévu que ces votes aient une incidence sur le classement du commentaire, de la publication ou de la Page. Il s’agit d’un retour envoyé à Facebook.

 

On peut d’ores et déjà se demander s’il ne s’agit pas là d’une fausse bonne idée susceptible d’être détournée de son usage premier par des personnes mal intentionnées. Et ce d’autant plus que les personnes opérant un downvote restent anonymes, contrairement à celles votant positivement. Dès lors, il ne paraît pas aberrant d’imaginer des « campagnes de vote » pratiquées par des groupes si ce n’est diligentées par des États afin de mettre en avant de la désinformation dans les fils d’actualité. Autre bémol : il est déjà possible de signaler le contenu indésirable et de le remonter aux équipes chargées de la modération. Le downvote ne risque-t-il pas alors de faire double emploi ?

 

 

Le bien-être par le vote

 

Par ailleurs, ces boutons de vote s’inscrivent dans la volonté de Mark Zuckerberg d’améliorer le bien-être de ses utilisateurs. Si les votes venaient à avoir des effets sur l’affichage des contenus dans le fil d’actualité, cela pourrait produire plus d’« interactions sociales significatives ». En se concentrant sur les commentaires « validés par la communauté », on passerait plus de temps utile sur le réseau social. Là encore, il n’est pas sûr que cela se vérifie, les contenus les plus populaires ou suscitant le plus d’engagement n’étant pas forcément les plus intéressants.

 

De plus, il reste à savoir si les usagers adopteront en masse cette pratique alors qu’ils disposent déjà d’une palette conséquente d’outils pour « évaluer » un commentaire comme le « like », les « réactions » ou un autre commentaire.

 

 

 

Article de Thierry Randretsa

 

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