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Tendances, entrepreneuriat, innovations et actualité digitale : Justine [Just pour vous] : des points aux pixels
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Justine [Just pour vous] : des points aux pixels

Interview d'une jeune créatrice marseillaise

27/11/2017

Aujourd’hui, MyJalis vous emmène à la rencontre de Justine Gary, jeune entrepreneure marseillaise de 21 ans. Cette créatrice de mode, originaire de Nîmes, a lancé sa marque en juillet 2016 : Just pour vous.

Pourquoi ce nom, Just pour vous ?

Pour reprendre le diminutif de mon prénom, Justine, et créer un lien de proximité avec ma clientèle. Mes petites mains imaginent et façonnent pour vous. Je veux mettre de ma personne et de mon identité dans les choses que je crée. C’est l’ADN de ma marque : être au plus proche de la personnalisation, à l’écoute des envies. J’aime m’adapter aux gens, aux situations et aux différents environnements. Je propose des produits standards (pochettes, tote bags, t-shirts, carnets,...), des modèles de base, mais potentiellement tout est possible.

 

Des inspirations ?

Marseille ! J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette ville en 2014, lorsque je suis venue m’y installer pour les études. Son côté urbain, street, ses graffitis, mêlé à des édifices imposants et grandioses comme la Bonne Mère, c’est très inspirant. D’ailleurs, sur Instagram, le hashtag #madeinmarseille n’est pas nécessairement utilisé pour vendre. Beaucoup de gens l’emploient pour revendiquer leur appartenance à Marseille. C’est une ville très aimée. Personnellement, je déclare mes créations made in France pour mettre en avant l’artisanat, le fait main, mais plus encore made in Marseille pour accentuer le côté local. C’est un territoire très attractif et propice à l’entrepreneuriat.

Sinon, quand je ne sais pas quoi faire et que j’ai besoin de me ressourcer, je vais me balader dans les rues, au Cours Ju notamment, j’observe les gens, j’écoute leurs discussions.

Les tendances et l’artisanat sont aussi une vraie source d’inspiration. Par exemple, je joue avec les emojis, surconsommés par les jeunes, et je vais les adapter point par point à mes méthodes de création comme la broderie ou la linogravure. J’aime rendre l’artisanat attrayant.

 

L’artisanat et le made in France séduisent de plus en plus. À ton avis, pour quelles raisons ?

La qualité et la proximité. Acheter de l’artisanat local, c’est acheter une pièce fait main par une personne que l’on pourrait croiser dans la rue. Cela apporte une plus value certaine à l’article, comparé à celui qui est produit à la chaîne dans une usine. Et puis tu sais que tout l’argent (ou presque) revient à son savoir faire.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans l’entrepreneuriat ?

Être libre de créer ce que je veux, quand je veux. Quand j’étais petite, je voulais devenir styliste. Mais c’est un milieu très concurrentiel, compétitif, et ce n’est pas mon état d’esprit. Je fuis la pression, qui m’empêche de m’épanouir et qui m’oppresse.

Ma marque n’est pas mon activité principale - je me suis tournée vers le webdesign après un bac arts appliqués, un bts design puis une licence webdesign -, je travaille dans une agence web en tant que graphiste/intégratrice. Pour le moment, Just pour vous ce n’est que du plaisir, je ne prends pas cela très au sérieux. Être entrepreneur pendant mon temps libre me permet de prendre des libertés. Si je ne vends pas, ce n’est pas grave. Et si je veux faire une pause, je n’ai pas peur de m’arrêter pour reprendre six mois plus tard. Au contraire, cela me permet d’accorder toute mon attention à mes clients : je soigne les colis, le service après vente, etc. Après tout, c’est aussi ce que l’on recherche dans le made in local.

 

A contrario, qu’est-ce qui est le plus difficile dans l’entrepreneuriat ?

Être sur tous les fronts : créer et promouvoir, démarcher, être présent sur les réseaux sociaux ou encore travailler avec acharnement pendant des mois sur une collection, sa communication et la production d’un stock, en vue d’un événement (soirée d’expo, marché artisanal). C’est chronophage et pas toujours évident de s’entourer des bonnes personnes, fiables et professionnelles.

Se lancer, aussi, ce n’est pas facile. Au départ, j’avais très peur d’être exposée aux critiques, que mes créations ne plaisent pas, que ça ne décolle jamais. Je me comparais beaucoup aux autres. Mais c’était un mal pour un bien car aujourd’hui je ne crains plus le regard des autres, ni de rendre mon travail public. Même s’il ne plaît pas, je sais qu’il a de la valeur. J’ai davantage confiance en moi, en ce que je fais et propose.

 

A propos des réseaux sociaux justement, tu es assez présente sur Instagram, qu'est-ce que cela apporte à ton activité ?

Avec Instagram, on peut mettre en avant ses créations autrement. Ce réseau social est un excellent moyen de promouvoir l’artisanat. Le avant-après, le pourquoi et le comment : les coulisses d’une confection intéressent beaucoup le public. Une fois, j’ai posté une courte vidéo de moi en train de broder à la main (une tâche longue et lente), à vitesse réelle. Partager cette dimension de mon travail a beaucoup plu.

Instagram est un levier efficace pour se démarquer, pour démarcher, pour aller capter une audience en particulier ou l’attention de petits influenceurs susceptibles de relayer une réalisation. Personnellement, je ne vise pas les grands noms du web. Déjà parce qu'ils s’attendent bien souvent à recevoir des créations gratuitement et qu’il est difficile de les atteindre, mais aussi parce que les “petits” influenceurs locaux (15000 abonnés par exemple) vont plus avoir à coeur de faire la promotion de quelqu’un du coin et qui fait de l’artisanat. Leur communauté est solide et ils te permettent de viser une cible plus précise, de toucher une niche. Unmediterraneen_by.laura et lelabbyestelle font partie des instagrameurs qui m’ont aidé à obtenir un peu plus de visibilité et à améliorer ma communication sur internet.

En revanche, il faut savoir qu'il est dur de se placer sur Instagram, d’apprendre à présenter ses produits et à ne pas susciter uniquement de simples likes. Il faut réussir à fédérer une vraie communauté autour de son univers.

 

Des projets à venir ?

J’aimerais refaire une collaboration avec mon amie Lucile (ZUL), avec qui j’ai déjà produit deux collections. Nos premiers tote bags en sérigraphie étaient une belle aventure. Je ne suis pas destinée à réaliser des créations seule. J’aime m’inspirer des autres, travailler en équipe. Donc, dans le futur, je voudrais multiplier les collaborations pour continuer de mêler mon univers à celui d’autres artistes.

 

Retrouvez toutes les créations de Justine sur son site internet et son compte Instagram.

 

 

 

Article rédigé par Pauline Carpentier

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