My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances My Jalis - Actualité digitale et décryptage de tendances
Tendances, entrepreneuriat, innovations et actualité digitale : Catastrophes naturelles : l’aide du numérique
RETOUR
Fun - Tendances

Catastrophes naturelles : l’aide du numérique

Utiliser les réseaux sociaux en situation d'urgence

25/09/2017

Des ouragans Harvey à Irma, l’aide aux victimes est aussi passée par le numérique.

Télécommunication et cartographie de crise

 

Face aux images de désolation des îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy suite au passage de l’ouragan Irma, des citoyens anonymes ou professionnels du monde entier se sont mobilisés pour venir en aide aux victimes. Afin de pallier aux destructions subies par les systèmes de télécommunication, les radioamateurs de l’American Radio Relay League ont diffusé très tôt la liste des fréquences à utiliser pour contacter les personnes se trouvant sur les îles touchées.

De son côté, l’association HAND (Hackers Against Natural Disasters) regroupe les technophiles de tous poils pour lutter contre les catastrophes naturelles. Leurs actions sont multiples : rétablir le courant en installant des panneaux solaires, utiliser des Raspberry Pi pour fournir le minimum de services à la population… L’ambition à terme est de mettre en place un réseau de télécommunication sur l’ensemble de la zone pour les situations de crise.

Il faut également citer l’initiative de l’Humanitarian OpenStreetMap qui créé des cartes des lieux de la catastrophe auxquelles la Croix Rouge et les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires se rapportent pour agir. Sur une base fournie par les grandes agences spatiales, les cartes sont enrichies par tous ceux qui souhaitent participer, y compris les néophytes via un système de validation.

 

 

Zello pour communiquer

 

Par ailleurs, une application s’est signalée pendant les événements. Son nom est Zello. Lancée en Russie en 2007 (elle s’appelait Loudtalks), elle est devenue texane en 2011. Partagée par plus de cent millions d’utilisateurs dans le monde, elle permet de communiquer oralement en simultanée avec un grand nombre de personnes : pratique pour obtenir des renseignements et faire circuler l’information. Conseils, diffusion de numéros d’urgence, coordonnées d’organismes d’aide… Zello peut être une véritable mine d’or pour celles et ceux qui sont dans le besoin. À tel point qu’elle a connu un succès record avec des téléchargements atteignant les 7 000 par minute à certains moments. Dans le cas de l’ouragan Harvey, nous avons des témoignages d’anonymes qui, du jour au lendemain, ont prêté main forte à des autorités locales dépassées. Ces personnes ont contribué à sauver des vies.


Pour autant, Zello est loin d’être la panacée puisque pour l’utiliser, il faut avoir une connexion internet. Or, le passage de l’ouragan Irma a entraîné la formation de zones blanches rendant l’application ineffective. On est donc loin du talkie walkie auquel elle est souvent comparée. Le Président de la société à l’origine de cette application, Alexey Gavrilov, s’est d’ailleurs fendu d’un communiqué dans lequel il rappelle que Zello n’a pas vocation à remplacer les instructions venant des autorités ou des organismes de secours.

Dans le sillage de Zello, d’autres applications de talkie walkie ont connu un certain succès. Ainsi, Voxer offre des fonctionnalités supplémentaires comme l’enregistrement des messages (salvateur si vous êtes débordé), l’envoi de photos et de vidéos. De son côté HeyTell offre la possibilité de changer sa voix, d’envoyer du contenu sur Facebook ou des courriels à des amis. Elle envoie également des alertes : vous êtes alors informé lorsque vous recevez des messages sans avoir à ouvrir l’application.

Enfin, il faut citer Bridgefy, moins connue alors qu’elle pourrait pallier les défauts de Zello en situation d’urgence. En effet, cette application mexicaine permet notamment de communiquer...hors ligne ! Elle utilise l’antenne Wi-Fi pour envoyer des messages directement d’un cellulaire à un autre. La portée est alors limitée à 70 mètres. Néanmoins, cette fonctionnalité s’est révélée particulièrement utile au lendemain du passage de l’ouragan Patricia au Mexique en 2015.

 

 

Les réseaux sociaux entre solidarité et buzz

 

Les réseaux sociaux ont joué un rôle non négligeable pour les victimes et leurs proches. Comme souvent lors de catastrophes naturelles ou d’attaques terroristes depuis 2014, date de sa mise en service, Facebook a activé son Safety Check. Le dispositif permet aux socionautes de signaler qu’ils sont en sûreté.

Mais les internautes ont aussi employé le réseau social de façon plus originale. Ainsi, un Google Doc listant les personnes retrouvées ou non a été mis en circulation. Des groupes ou des pages ont été lancés pour se tenir informé de l’évolution de la situation ou pour émettre des avis de recherche, à l’instar de la page « Soutien A St Martin / St Barth (ouragan Irma) » sur Facebook créée par une étudiante niçoise. Elle sert aussi bien de relais d’information sur l’évolution de la situation sur le terrain que de forum d’entraide. C’est aussi un lieu d’expression où l’internaute exprime sa tristesse, son espoir ou sa colère.

D’autres se servent de ces plateformes pour témoigner ou lancer des appels à l’aide aux autorités. Ainsi, Eze, un Américain en vacances à Saint-Martin, a diffusé sur Twitter une vidéo dans laquelle il montre l’ampleur des dégâts provoqués par Irma sur son habitation : on constate qu’une partie du toit a été détruit. À l’inverse, des utilisateurs proposent spontanément leur aide, en toute bienveillance.

Plus anecdotique, les réseaux sociaux ont charrié leur lot d’histoires absurdes qui ont fait le buzz. On peut citer celle d’Hector le palmier près du port de Gustavia, à Saint-Barthélemy. Filmé en direct par une webcam, il a tenu bon malgré la puissance dévastatrice d’Irma.

Une façon de garder le sourire au milieu des décombres.

 



Article rédigé par Thierry Randretsa

A lire aussi

Vous aussi,
Partagez l'actualité de votre entreprise