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Jeux vidéo et réalisation de soi

Les bienfaits des jeux vidéos

23/10/2017

On ne joue pas aux jeux vidéo que pour s’amuser. On joue aussi pour exister. Telle est la thèse défendue par le journaliste et écrivain britannique Simon Parkin dans la revue scientifique en ligne Nautilus.

Si la recherche en psychologie est souvent mobilisée pour comprendre les jeux violents et leurs effets sur les gamers, elle s’intéresse aussi aux motivations du joueur. À l’instar de Parkin, prenons l’exemple de Grand Theft Auto V (GTA V) dernier épisode d’une série souvent décriée pour sa violence. En-dehors de la trame principale, le personnage que vous contrôlez est libre d’aller où il veut et de faire ce qu’il veut à l’intérieur d’une ville appelée Los Santos, réplique en trois dimensions de Los Angeles. C’est le principe du gameplay dit « bac à sable » (« sandbox ») : vous jouez selon vos envies, vos aspirations ou votre inspiration. Que vous vous adonniez au « carjacking », à la promenade à pieds, à la course en moto, au tennis, à l’achat de propriétés ou à la violence gratuite, toutes ces actions ne sont en aucun cas prescrites par le jeu. Celui-ci vous laisse juste la possibilité de le faire. Et le choix n’est pas si anodin.

C’est celui qui permet de vous réaliser.

 

 

Je joue donc je suis

 

À vrai dire, cette conclusion est loin d’être inédite. Le chercheur britannique Richard Bartle a obtenu des résultats proches dans ses travaux sur les Multi-User Dungeons, ces jeux d’aventure virtuels en vogue dans les années 80 qui sont les ancêtres des actuels jeux de rôle massivement multijoueurs en ligne (plus connus sous l’acronyme MMORPG pour « Massively multiplayer online role-playing games »). Il a défini quatre profils de joueurs : les « tueurs », les « performants », les « explorateurs » et les « socialisateurs ». En effet, Bartle a constaté que les gamers opèrent en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent. Si le « socialisateur » est en quête de liens et de contacts, le « tueur » cherche avant tout à éliminer des personnages alors que l’explorateur est tourné vers le voyage et la recherche, et que le performant préfère multiplier les succès.

Dès lors, les jeux vidéo seraient avant tout le fruit de notre personnalité. Pourquoi ? Parce qu’ils satisfont nos besoins fondamentaux. En effet, selon une étude de 2012 intitulée « The ideal self at play » et publiée dans la revue Psychological science, les meilleurs jeux vidéo sont ceux qui permettent de réaliser notre « moi idéal ». Face aux nombreuses contingences de la vie quotidienne moderne, l’humain n’est pas en mesure de pleinement s’affirmer. Il est contraint de jouer un ou des rôles (au travail...) qui sont autant de refoulement de son moi authentique. Libéré de ces contraintes, il peut exprimer toute sa personnalité dans les jeux vidéo.

 

 

Le moi et la morale

 

Cette affirmation de soi est prégnante dans les jeux de rôle ou les jeux narratif dans lesquels le joueur est confronté à des choix moraux susceptibles d’affecter la suite de l’histoire. Les développeurs de TellTale l’ont très bien compris dans une de leur série phare « The Walking Dead » inspiré du comics du même nom. En l’espèce, vous êtes souvent placé dans une situation d’urgence où vous devez prendre une décision grave (typiquement, le choix de laisser un personnage mort ou vif) en très peu de temps. Dans ces cas, c’est bien votre personnalité dans sa dimension la plus sensible (au détriment de l’intellect) qui s’exprime.

Parkin cite même les jeux de combat à l’appui de sa démonstration à travers lesquels certains joueurs refusent d’adopter des tactiques qui ne reflétaient pas ce qu’ils sont.

Cette réalisation de soi explique pourquoi des joueurs (qualifiés dans le jargon de « hardcore gamers ») peuvent passer des heures et des heures devant leur écran selon une étude de 2014 de Joyce L. D. Neys, Jeroen Jansz et Ed S. H. Tan de l’université de Rotterdam. Une telle activité leur permet de combler trois besoins psychologiques fondamentaux. Premièrement, il y a l’autonomie qui est la « possibilité d'organiser ses propres expériences et comportements et d'agir conformément avec son propre sentiment de soi », soit celui d’agir librement. Deuxièmement, il y a la compétence qui se traduit par la recherche de défis toujours plus relevés. Enfin, on trouve le besoin de nouer des liens sociaux et le sentiment d’appartenir à une communauté. Avec le web et les jeux en ligne, le jeu vidéo n’est plus un loisir solitaire, mais une activité sociale, du moins connectée où l’on s’affronte, coopère, échange, commente, partage avec ses semblables.

 

 


Article rédigé par Thierry Randretsa

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