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Affaire Cambridge Analytica : la réponse de Facebook

Zuckerberg sort du silence

28/03/2018

Mark Zuckerberg est finalement sorti de son silence au sujet de l’affaire Cambridge Analytica en publiant un statut sur son profil Facebook et en accordant plusieurs interviews aux médias américains.

C’est peu dire que la réponse de Mark Zuckerberg était attendue. Facebook est accusé d’avoir laissé filer des données de dizaine de millions de profils sans que ceux-ci aient donné leur autorisation. Ces données ont été exploitées par la firme Cambridge Analytica qui s’en est servie pour concevoir un ciblage publicitaire pertinent susceptible d’avoir influencé le vote des électeurs lors des dernières élections présidentielles américaines en faveur de Donald Trump.

 

Depuis les dernières révélations du New York Times, du Guardian et de The Observer, les événements se sont très vite enchaînés. Facebook a suspendu derechef le compte de Cambridge Analytica ce qui n’a pas empêché son cours de dégringoler en bourse. Les réactions indignées des politiques de tous bords se sont multipliées des deux côtés de l’Atlantique. Pour une fois le consensus a régné avec l’idée que le réseau social doit rendre des comptes. Les appels à supprimer son compte ont fleuri sur Twitter sous la bannière du hashtag #deletefacebook à l'initiative de Brian Acton, fondateur de la messagerie Whatsapp (possédé par Facebook) et engagé dans la défense de la vie privée. Sans aller jusque-là, des tutoriels pour contrôler l’accès des applications à ses données sur Facebook sont apparus sur tout ce qu’Internet compte de sites consacrés au numérique.

 

Face à cet effervescence, la direction de Facebook est restée étonnamment calme. Jusqu’au mercredi 21 mars.

 

 

Chronologie des événements

 

Comme à son habitude, Mark Zuckerberg a répondu dans une publication sur son profil Facebook. Il commence par un rappel des événements qui ont conduit à la crise actuelle. C’est en 2013 que le chercheur Aleksander Kogan a créé une application de quizz installée par à peu près 300 000 personnes. À l’époque, il lui était possible d’accéder à leurs données ainsi qu’à celles de leurs amis.

 

En 2014, cette pratique n’est plus permise. Facebook exige en plus d’approuver toute demande de données sensibles. C’est en 2015 que le réseau social apprend par un journaliste du Guardian que Kogan a partagé les données (en réalité, revendues) au groupe Strategic Communication Laboratories (SCL), la maison mère de Cambridge Analytica. En réaction, Facebook interdit l’application et demande à Kogan et Cambridge Analytica la suppression de toutes les données dûment certifiées. Facebook assure que ces certifications ont été fournies. Une attitude passive critiquée par la presse qui avance que la plateforme n’a jamais vraiment cherché à vérifier si les données ont été effectivement effacées. Selon le Times, elles étaient même encore disponibles entre les mains de Cambridge Analytica il y a peu. Dans une interview récemment accordée à Wired, Mark Zuckerberg avoue qu’il s’agit là d’« une des plus grosses erreurs que nous ayons faites ».

 

En raison de la « rupture de confiance entre Facebook et les personnes qui partagent leurs données et attendent qu’elles soient protégées », Zuckerberg présente plusieurs actions dans lesquelles son entreprise devrait s’engager prochainement.

 

 

Des mesures pour empêcher ce type de scandale à l’avenir

 

Tout d’abord, toutes les applications ayant profité des largesses de la plateforme en matière d’accès aux données avant 2014 feront l’objet d’une enquête. Des audits seront conduits en cas d’activité suspecte. Si le développeur refuse, il sera banni de la plateforme. Lors d’un mésusage des données, l’application sera supprimée et les utilisateurs informés, ce qui inclut ceux dont les données ont été collectées par Kogan.

 

En outre, il est prévu de restreindre à l’avenir l’accès des développeurs aux données pour prévenir ce type d’abus. Concrètement, cet accès sera empêché si l’utilisateur ne s’est pas servi de l’application pendant trois mois. La quantité de données requise lors de l’enregistrement à une application sera réduite au nom, à la photo et à l’adresse mail. De manière générale, l’accès aux données ne pourra plus se faire sans demander l’autorisation de l’usager.

 

Par ailleurs, Zuckerberg veut améliorer le contrôle de ce dernier par une meilleure information. Ainsi, les socionautes pourront voir, dès le mois prochain, un outil en haut du fil d’actualité indiquant les applications employées. La possibilité de révoquer l’accès à nos données sera facilitée. En fait, l’outil est déjà disponible dans les paramètres de confidentialité. Il s’agit désormais de le rendre plus visible.

 

Au final, d’autres mesures suivront, Zuckerberg ayant annoncé à Wired pas moins de quinze changements pour restreindre l’accès aux données. D’autres informations ont filtré dans les interviews accordées à la presse américaine. Ainsi, il a révélé qu’il était prêt à témoigner devant les membres du Congrès sur l’affaire Cambridge Analytica. Sur CNN, il a rappelé que, contrairement à une croyance largement répandue, Facebook ne vend pas les données qu’il collecte sur ses utilisateurs et pour cause : elles contribuent à la valeur des services du réseau social que sont le fil d’actualité, le gestionnaire de publicité ou encore l’outil de recherche. C’est pourquoi la collecte massive de données par une application tierce n’est pas dans leur intérêt.

 

 

 

Article de Thierry Randretsa

 

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