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News - Réseaux sociaux

Facebook : la chasse au clickbait pour une opération séduction ?

La chasse aux pièges à clics est ouverte !

21/12/2017

Facebook n’a pas la côte. Le réseau social est la cible depuis quelques mois de critiques virulentes d’anciens employés qui ont tourné casaque. Accusé de diffuser de fausses informations, de capter notre attention de façon abusive, d’altérer notre psychologie et, au final, de détruire les fondements de nos sociétés, Facebook se devait de réagir. C’est chose faite dans un billet de blog publié lundi 18 décembre.

L’ingénieur Lin Huang et le spécialiste des opérations d’intégrité Henry Silverman rappellent l’engagement de la firme de Mark Zuckerberg dans la lutte contre l’appât à engagement (« engagement bait »). Cette pratique, plus connue sous le nom d’ « appât à clics » ou « piège à clics » (« clickbait » en Anglais), consiste à utiliser des titres racoleurs pour pousser les internautes à cliquer dessus afin d’augmenter leur popularité, les plaçant ainsi en tête des fils d’actualité. Or, ces titres cachent au mieux des contenus de faible qualité. Leur succès sur la plateforme peut nourrir légitimement les critiques relatives au détournement de l’attention et à la régression individuelle et sociale.

 

 

La rétrogradation du clickbait

 

Elles n’auront plus lieux d’être si on en croit Silverman et Huang puisque bientôt ces publications seront rétrogradées. Pour ce faire, Facebook va utiliser une intelligence artificielle (IA) de type machine learning capable de repérer une publication présentée de façon sensationnaliste. Dans le prolongement de cette mesure, le réseau social sanctionnera toute page faisant un usage répété de cette pratique. Les producteurs de contenu auront plusieurs semaines pour s’adapter. Les publications demandant de l’aide, des conseils ou diffusant des recommandations comme le fait de réunir des fonds pour une cause ne sont pas concernés.

Si Facebook invoque l’authenticité des échanges pour justifier cette mesure, nul doute qu’elle s’inscrit dans un mouvement d’auto légitimation destiné à faire oublier les nombreux bad buzz que la plateforme essuie depuis au moins un an.

 

 

L’interaction comme source de bien-être

 

Trois jours avant la publication de ce billet de blog, un article diffusé sur ce canal posait paradoxalement une question pour mieux répondre aux critiques : « est-ce que passer du temps sur les réseaux sociaux est mauvais pour nous » ? Autant dire que la réponse est dans la question. Le post écrit par le directeur de recherche David Ginsberg et la chercheuse Moira Burke se présente comme un état des lieux de la littérature scientifique sur les bienfaits et les méfaits des réseaux sociaux. Il en ressort que leur utilisation passive est néfaste. Se contenter de faire défiler les publications de ses amis peut conduire à se dévaloriser. De même, se cantonner à la seule publication des contenus n’est pas positif. Vous entretenez ainsi un monologue, ce qui renforce votre solitude.

Vous l’aurez compris. Pour une utilisation bénéfique de ces plateformes, vous devez interagir. Comme dans la vie réelle, l’échange avec autrui est source d’enrichissement et de bien-être, en tout cas plus qu’en restant seul dans son coin.

 

 

La guerre contre les fake news

 

La lutte contre les appâts à clic s’inscrit dans cette démarche. Mais ce n’est pas la seule. Suite aux accusations de diffusion de fausses informations lors des élections présidentielles américaines, Facebook a pris des mesures drastiques contre les personnes, les groupes ou les pages répandant des Fake News mais pas seulement. En France, une enquête de l’équipe des Décodeurs du Monde a révélé que le contenu à caractère raciste ou l’appât à clic était aussi sanctionné. Il faut savoir que l’échantillon de pages supprimées étudié par Le Monde réunit tout de même plus de 50 millions de fans.

 

 

Le soin par le fil d’actu et autres fonctionnalités

 

Par ailleurs, Facebook a lancé une fonctionnalité « snooze » qui permet de supprimer de son fil d’actualité les contenus venant d’une personne, d’une page ou d’un groupe sans avoir à les quitter et ce pendant 30 jours. L’objectif est d’être confronté à des nouvelles plus positives car on sait, suite à une expérience grandeur nature menée par l’entreprise de Menlo Park, que le News Feed affecte l’humeur des utilisatrices et des utilisateurs. En outre, Facebook a adopté un outil appelé « Take a break » afin de donner aux socionautes plus de contrôle sur les contenus relatifs à leur ex compagne ou compagnon.

La politique du « care » poursuivi par Facebook passe aussi par la prévention du suicide avec notamment la mise en place d’une IA pour détecter les signes avant-coureurs et la mise en lien des personnes fragiles avec des ressources ou des groupes censés les aider.

En définitive, Facebook ne compte pas s’arrêter là puisque la société promet de mobiliser un million de dollars pour mieux comprendre les relations entre technologies des médias, développement de la jeunesse et bien-être. Elle investit également pour approfondir sa connaissance de la distraction numérique et des facteurs qui éloignent les personnes des interactions dans la vie réelle.

 

 

 

Article rédigé par Thierry Randretsa

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